Du sucre en excès au diabète : un chemin trop arpenté !

09/11/2023 , Temps estimé de lecture : 4 mins

 
Article : Du sucre en excès au diabète : un chemin trop arpenté !

Notre dépendance au sucre : une histoire récente

Historiquement, le sucre était rare. C’est la facilité du transport d’une part, et l’amélioration des procédés industriels d’autre part qui ont vu son usage exploser au cours du XXème siècle.

Ca, c’est pour le sucre tel qu’on se le représente : sucre en morceaux ou en poudre et tous les produits sucrés qui en découlent : glaces et sorbets, bonbons, gâteaux et biscuits, chocolats, barres aux céréales… Plus les années passent, plus les rayons sont engorgés de produits sucrés et sur-sucrés.

Il y a aussi tous les produits industriels qui comportent des sucres cachés : environ 80% de tous les aliments emballés aux États-Unis (et dans la plupart des pays occidentaux) contiennent des sucres ajoutés. Ils répondent aux doux noms de dextrose, fructose, saccharose, sirop de maïs, lactose, malt d’orge… Ces appellations permettent aux fabricants de disséminer davantage de sucre dans les aliments.

Et vous pouvez encore ajouter à tout cela les sucres composés ou amidons, qui n’ont pas un goût sucré dans la bouche, mais se transforment en sucre dans notre tube digestifs : féculents et céréales comme les pomme-de-terre, le riz, le maïs et tous les produits à base de blé (pain, gâteaux, pâtes, tartes et pizzas…).

C’est dire que dans nos rations alimentaires, le sucre est notre invité de marque !

Quelles conséquences pour notre santé ?

Je vais commencer par dire que le sucre est une molécule indispensable à notre vie. Le glucose (sucre final de la digestion) est indispensable au fonctionnement énergétique de nos cellules. Elles le puisent dans notre sang qui a une concentration stable (la glycémie).

Pour que celles-ci soient toujours alimentées et que la glycémie reste stable, le corps a mis en place un ingénieux système de régulation. Nous mangeons donc. Il y a alors délivrance d’une certaine quantité de sucre dans notre sang. Souvent trop d’un coup. Alors, ordre est donné, par le biais de l‘insuline, de faire rentrer le sucre dans les organes, et pour le surplus s’il y en a, dans le foie et les muscles. Se forme alors un stock facilement accessible. S’il manque un peu plus tard du sucre dans les cellules, elles puisent d’abord dans le sang, puis les stocks musculaires et hépatiques sont mis à contribution. Un bel équilibre !

Là où les choses se gâtent, c’est quand il y a trop de sucre. L’insuline est alors délivrée en « masse » pour faire rentrer rapidement le glucose dans les organes (une hyperglycémie provoque des malaises, voire la mort pour des valeurs très élevées). Et quand l’insuline est délivrée en trop grande quantité et que la glycémie baisse trop vite, on fait une hypoglycémie. Donc, on a besoin de sucre ! C’est un cercle vicieux que connaissent bien tous ceux qui déjeunent avec beaucoup de sucre (beaucoup d’enfants  d’ailleurs) : cacao avec du lait (70 à 80 % de sucre dans les cacaos + lactose, le sucre du lait) + céréales bien sucrées ou gâteaux ou viennoiseries. Et à 10 h, un petit creux (traduisez légère hypoglycémie) : allez, un gâteau ou un croissant, et ça ira mieux !

Or, les nombreux cycles d’hyper et d’hypo glycémie fragilisent le pancréas, cet organe qui régule la glycémie. Et quand il est « trop fatigué », il ne fonctionne plus normalement, c’est le diabète. Notez qu’il peut se passer 10 à 20 ans entre les premiers dérèglements (insulinorésistance) et l’installation d’un diabète.

Autre conséquence à l’excès de sucre : la prise de poids

Quand les stocks du foie et des muscles sont formés, il peut y avoir encore trop de sucre dans le sang. Là encore, notre organisme a trouvé la solution : il forme de la graisse. Et là, les stocks sont extensibles sans souci ! Mais le surpoids s’accompagne d’autres problématiques de santé comme les maladies cardio-vasculaires et l’augmentation de risque d’AVC, pour ne citer que ceux-ci.

Quelques méfaits encore liés à l’excès de sucre

Les problématiques d’ostéoporose, de caries, et de moindre santé des tissus comme la peau. L’irritation du système nerveux, avec fatigue, irritabilité et surexcitation. C’est encore plus vrai chez les enfants, pour lesquels les troubles d’apprentissages et d’attention sont le plus souvent liés à des excès de sucre et / ou une mauvaise régulation de la glycémie.

On peut très bien devenir addict au sucre.

Et enfin, cet excès de sucre est néfaste à l’équilibre du microbiote intestinal !

Que faire ?

Il est possible d’agit à la fois sur la dépendance au sucre et l’amélioration de la glycémie.

L’alimentation en premier lieu

Il est illusoire de vouloir améliorer son état de santé en gardant les mêmes habitudes alimentaires. L’accompagnement d’un professionnel sera particulièrement utile à la fois pour apprendre les aliments qui vous conviennent et aussi pour vous soutenir moralement (pas toujours facile de renoncer au sucre, d’autant plus qu’il est doué pour nous réconforter).

La micronutrition ensuite

Une mauvaise régulation de la glycémie peut être lié à certains déficits en micronutriments. Le changement alimentaire va permettre de trouver dans son assiette tout ce qui est nécessaire, mais il y a une période de transition pendant laquelle il pourra être utiles de les trouver sous forme de compléments. Là encore, il est indispensable de demander l’avis d’un professionnel.

Les plantes

Plusieurs d’entre elles vont jouer un rôle :

-          pour se déshabituer du sucre

-          pour rester calme

-          pour aider à la régulation de la glycémie

Attention, on parle là de prévention, pas d’un état de diabète déjà avancé.

 L’exercice physique

Il sera indispensable pour perdre du poids si nécessaire, pour prévenir le diabète par utilisation des sucres.

Une réforme alimentaire couplé à l’exercice physique c’est moitié moins de risque de diabète de type 2 !

 

En conclusion, il est important de prendre conscience que le diabète est une maladie sérieuse. Et que la prévenir est encore le meilleur moyen d’éviter bien des problèmes, même si les médicaments sont heureusement là pour éviter le pire. Si vous avez des antécédents familiaux, du surpoids ou si vous avez une alimentation très riche en sucre, vous pouvez choisir d’agir pour éloigner de vous cette pathologie.

Note : Tout au long de cet article, il s’agit du diabète de type 2 dont il est question.  

 

 

 

 

 

 

 

Cet article vous a été utile :

LE SUCRE : DU SURPOIDS AU DIABETE
LE SUCRE : DU SURPOIDS AU DIABETE
On l'aime, le sucre… Il nous réconforte, nous apaise, c'est notre ami. En vérité, pas tant que ça ! Il est responsable de bien des prises de poids et participe au syndrome métabolique (surpoids + hypertension + dyslipidémie + risque de diabète et de maladies cardio-vasculaires. On peut même en devenir accro. On en parle ?
jeudi 23 novembre 2023